Makila

Histoire du makila

Le makila qui signifie bâton en basque joue un grand rôle dans nos contrées pyrénéennes, de tous temps il a été le compagnon fidèle du paysan basque. Celui-ci ne saurait s’en passer. Il lui sert comme bâton de fatigue et de défense, de même qu’il l’utilise pour guider ses boeufs accouplés. Le makila existe à l’état rustique, tel que le fabrique le forgeron du village, c’est le plus usité dans le pays, parce qu’il est le meilleur marché, le paysan se contente de bois simple qu’il a lui même cueilli. 

Mais le vrai makila, soigné et bien fini, exécuté par des ouvriers de métiers, qui se succèdent de pères en fils dans se genre de travail est très répandu, il est destiné au paysan aisé et au bourgeois de la ville. Il symbolise l’âme du basque.

 

catalogue de vente de LA MAISON MIALET

Voici un catalogue de vente de makilas de la maison MIALET à Bayonne datant du début du XXémé siècle.

Vous remarquerez l’horthographe bâton basque varie de MAKILA, MAKHILA et MAKHILLA.

COLLECTION DE MAKILAS

Il y a toujours eu bon nombre de fabricants de makilas au pays basque. Aujourd’hui 6 artisans exercent encore. Cette collection est visible à la coutellerie Couteau Basque de Christophe Lauduique 1 avenue de l’Adour à Anglet.

Monsieur MIALET à Bayonne cinq cantons

Makila d’honneur en nerf de boeuf, maillechorte et pommeau maillechorte.

Une réalisation datant du début du XXémé siècle. 

Monsieur MIALET à Bayonne cinq cantons

Makila d’honneur en bois de néflier scarifié, maillechorte et pommeau maillechorte.

Une réalisation datant de 1920.

Monsieur AINCIART Jean à Larressorre

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau corne claire. 

Une réalisation datant de 1885.

Monsieur AINCIART Jean à Larressorre

Makila d’honneur en bois de néflier scarifié, maillechorte et pommeau maillechorte. 

Une réalisation datant de 18898.

Monsieur BERGARA Jean à Larressorre

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau corne claire. 

Une réalisation datant du début du XXémé siècle.

Monsieur BERGARA Charles à Larressore

Makila d’honneur en bois de néflier scarifié, maillechorte, cuir et pommeau maillechorte

Une réalisation datant du début de 2003

Monsieur BORDABEHERE à Saint Palais

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne claire

Une réalisation datant du début du XXème Siècle

Monsieur CASSOU à Bassussarry

Makila en bois de châtaignier, laiton, cuir et pommeau en corne noire

Une réalisation datant de 1935

Monsieur CHILAR à Espellette

Makila en bois de néflier, laiton, cuir et pommeau en corne claire

Une réalisation datant du début du XXème Siècle

Monsieur DALGALARRONDO à Abense de bas

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne noire

Une réalisation datant de 2012

Monsieur DARRIGADES à Salies de Bearn

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne noire

Une réalisation datant du début du XXème Siècle

Monsieur DUFOURG à Saint jean de luz

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne noire

Une réalisation datant de 1907

Monsieur GRILLON à Bayonne

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne claire 

Une réalisation datant du début du XXème Siècle

Monsieur GRILLON à Bayonne

Makila en bois de néflier, laiton, cuir et pommeau corne noire et médaille incrustée

Une réalisation datant de 1930

Monsieur HARISPURU à Ibarolle

Makila d’honneur en bois de néflier scarifié, maillechorte, cuir et pommeau en maillechorte 

Une réalisation datant de 2014

Monsieur JAURY Pierre à Aussurucq

Makila en bois de néflier scarifié, maillechorte et pommeau en corne claire 

Une réalisation de 2008

Monsieur LAPEYRE Jean  à Bayonne

Makila Ombrelle pour dame en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne claire 

Une réalisation datant du début du XXème Siècle

Monsieur LAPEYRE Raymond à Bayonne

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne noire

Une réalisation datant du début du XXème Siècle

Monsieur LÉONCINI Père à Bayonne

Makila en bois de châtaignier, laiton, cuir et pommeau en corne noire

Une réalisation datant de 1975

Monsieur LÉONCINI Gérard à Bayonne

Makila de Naissance mesurant 40cm en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne claire 

Une réalisation datant de 2016

Monsieur LÉONCINI GÉRARD à Bayonne

Makila en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne claire 

Une réalisation de 2012

Monsieur LOUSTALOT à Saint Palais

Makila en bois de châtaignier, laiton, cuir et pommeau en corne noire 

Une réalisation datant de 1893

Fabricant inconnu

Makila aiguillon en bois de néflier scarifié, laiton, cuir et pommeau en corne noire

Une réalisation datant du début du XXème Siècle

AITATXI, le patriarche 

 

Le Makila ou makhila, a été longtemps pour les Basques un compagnon fidèle, de route, de défense ou d’apparat.

Voici ce que rapporta à ce sujet le chanoine J B Daranatz dans la Gazette de Biarritz-Bayonne et 
Saint-Jean-de-Luz, dans son édition du 4 mai 1923 :

“Le Makila par M. le Chanoine Daranatz.

Le bâton de route du Basque. 

On n’imagine guère le Basque, allant au marché ou à une partie de pelote, sans sa ceinture rouge, sans un Makila à la main.

Au Labourd, à vrai dire, ce double usage fut jadis plus en faveur qu’à présent. Mais le Makila reste toujours le compagnon de route obligé du Souletin et du Bas-Navarrais. 

Cet ami fidèle, le Basque le garde chez lui, accroché à la boiserie de sa grande pendule ou, mieux encore, derrière la porte de sa chambre. 

D’où vient l’appellation de Makila ?

Pourquoi l’a-t-on choisie ?

 

Le terme de Makila pourrait avoir des origines vénérables par sa très haute antiquité si, comme l’affirment d’aucuns, il provenait de la langue syriaque. L’on sait que les ancêtres des Basques, les Ibères, ont été de longs siècles en Espagne, en contact avec les Phéniciens. Et les Phéniciens parlaient le syriaque. Or, en syriaque, le mot makhel signifie battre, frapper. Rien de plus naturel que les Ibères aient baptisé le bâton du nom de makhil, Makila, ce qui frappe ou aide à battre. 

Dans ses Analogies de l’Etrusque avec le Basque (Paris, Leroux,1918, p.41), M. F. Butavand donne au Makila comme analogies sémitiques : makhel, en hébreu, mokh’alat en arabe.

Pour Van Eys, le mot de Makila vient du latin baculum, bâton.

Mais Shucharde, avec plus de raison encore, retrouve dans le Makila le bacillum, qui à l’époque de César, se prononçait bakillu et signifiait aussi un bâton. La transformation du b initial en m est, d’après les linguistes, tout à fait normale;plus naturel encore le changement en a de la syllabe inaccentuée en u.

Quoi qu’il en soit de son sens étymologique, le Makila désigne un bâton de bois de néflier, élégant et redoutable à la fois, ouvragé avec le plus grand soin, comme nous allons le voir.

Bois souple, effilé, noueux et résistant, le néflier abonde sur les flancs de nos Pyrénées. Mais, pour le transformer en makhila, une longue opération s’impose.

Les fines arabesques, si remarquables par leur relief, leurs contours variés, et qui constituent pour l’étranger un très vif sujet d’admiration, proviennent de piqûres au couteau, artistiquement ménagées sur le bois de néflier deux ans avant sa coupe.

Après cette première opération, on entoure de linge la tige de néflier, pour empêcher la pluie de pénétrer dans les incisions. A la sève montante de continuer ensuite l’ouvre, en donnant du relief à tous les dessins gravés à la pointe du couteau ; des boursouflures se produisent naturellement aux endroits piqués.

Le néflier-nature est clair. Pour lui donner une couleur plus foncée, on le laisse, après sa coupe, environ sept à huit heures dans la chaux vive. Puis les tiges de néflier sont passées sur un brasier ardent ; elles en deviennent plus souples et plus faciles à redresser. Le bois peut dès lors être monté en makhila : finie la préparation éloignée.

Voici comment la tige de néflier va se transformer en Makila.

Le Makila se compose de deux parties distinctes, inférieure et supérieure, tige de néflier et poignée, s’emboîtant l’une dans l’autre, et présentant, toutes deux, un cachet original, absolument dissemblable.

Examinons d’abord la partie inférieure ou tige de néflier proprement dite.

Cette tige, ouvragée et colorée comme nous venons de le dire plus haut, rendue encore plus brillante par un frottement énergique à l’huile de noix, porte, à ses deux extrémités deux armes redoutables : en haut, un aiguillon ; en bas, une véritable massue.

L’aiguillon, pointe d’acier allongée, acérée, fait corps avec la tige. Il est solidement fixé ou mieux, planté dans le vif du Makila, dans la tige ; une virole conique dentelée, en cuivre, serre vigoureusement le col de cet aiguillon.


Le bas de la tige s’engage dans un tube de cuivre, maillechort, argent ou damasquiné, dentelé et conique, appelé douille.

Sur cette douille, repoussée au marteau et plombée à l’intérieur, chaque fabricant grave volontiers, au gré de son savoir, de son imagination ou de ses intérêts personnels, quelques sentences ou proverbes basques, d’originales fioritures, ou bien sa signature, sa marque de fabrique.

Voici des devises fréquemment apposées sur les makhilas :

Orhoitzapena, souvenir ;

Quelquefois, dans le sens de la menace, souviens-t’en, gare !
Eskual-herriko orhoitzapena, souvenir du Pays Basque.
Nere makhila, mon bâton.
Hau da nere makhila, voici mon bâton.
Emak hor Puttil! Vas-y donc mon brave !
Egun argitan hr zazu urhea, andrea eta oihala, l’or, la femme et le linge, prenez-les en plein jour.
Bururik ez duenak ez du chapel beharrik, qui n’a pas de tête n’a pas besoin de chapeau.
Orga izarrago, karranka handiago, plus la charrette est usée, plus elle fait de bruit.
Idiak marruma egin beharrean, orgak egiten du, la charrette grince, tandis que ce serait au boeuf de mugir.

Viens, si tu l’oses,
Tu peux venir, j’ai mon makhila.
Semper paralus, toujours prêt.
Je blesse et je tue.
La liberté avec mon makhila.
Frappe, il te sera ouvert.
Je frappe juste et ferme.
Ultima ratio, raison ultime.
Pour le juste, contre l’injuste, etc. 

Pendant la guerre, on a gravé souvent : Alemanek hazta, nik bi makhila sista, que les Allemands y touchent, de mon makhila je (leur assène) deux coups pénétrants.

Un Makila figura à l’exposition de 1889 et y obtint un prix d’honneur. Sa douille représentait un sanglier, une bécasse, un renard et un lièvre, avec leurs noms basques : basa urdia, pekada hacheria, erbia.

Puis ces mots : Larresoron egina. J. Ainciart. Egun argitan harzatzu urrea andrea eta oiltala ahalaz. Idiac behar luke marruma egin eta orgac egiten du. 

A l’extrémité inférieure de la douille, et bouchant complètement son orifice, se place le sou, donnant aux yeux du Basque, sa valeur au Makila. (

Dirai-je en passant, qu’en 1879 sur 1 800 pièces d’argent celtibériennes, avant de 2 200 à 2 400 ans d’âge, et découvertes à Barcus par la dame d’Ezpelia, 300 pièces furent achetées par un perruquier de Navarrenx, pour ferrer des Makila !


Dans un trou placé au milieu du sou et du centre de plombage, s’emboîte une sorte de pique ou trèfle, qui termine l’extrémité de la tige.

Distincte de cette tige, la partie supérieure ou poignée du makhila est couronnée par un pommeau, d’ordinaire en corne blonde ou foncée, parfois en argent, ivoire, or d’Eibar, etc. Ce pommeau ou oignon prend corps avec une poignée de vingt centimètres de long, recouverte d’une tresse originale en cuir, faite à la main ou à l’aide d’une aiguille.

La couleur de cette tresse est noire ou jaune foncé ; l’extrémité inférieure de la tresse, ourlée d’un croisement de cuir ou olive; une petite virole dentelée, couronne la tresse tout au-dessous du pommeau; cette virole, de même style que la douille du bas du Makila. Certains fabricants trop modernes et point Basques, remplacent la tresse de la poignée par une douille en cuivre. Ils commettent là une grosse faute. 

Le Makila traditionnel porte la tresse. 

La poignée est creuse, en forme de tube. Et justement, dans ce tube, vient se visser ou se dévisser à volonté, l’aiguillon qui surmonte la tige inférieure. 

Est-ce tout ? Le Makila est-t-il complet ? Non, pas encore. 

Afin de le porter plus facilement, on enfile dans un anneau ou bélière de cuivre, placé sur le milieu de la poignée, une dragonne ou cordon en cuir tressé. de couloir noire ou jaune foncé, se terminant par une petite olive. 
Voilà le makhila. 


Appui souple, commode, distingué, reposant. Arme redoutable aussi ; il possède, à portée de main, dans son aiguillon ou lance, un poignard acéré et pénétrant ; son bout plombé forme une terrible massue aux coups mortels. Dans la main du paysan qui pousse son bétail au marché, il sert d’aiguillon ; quand le paysan rentre chez lui, après-vente rémunératrice des animaux, c’est un porte-respect. Car, on peut l’affirmer, la ferrure du Makila inspire une salutaire crainte aux plus téméraires. 

Le Makila n’a-t-il pas eu, comme toutes choses en ce bas monde, son évolution historique ? Bien grand mot, peur une si petite chose ! — Je veux dire, par exemple : le Makila n’était-il pas autrefois un bâton beaucoup plus grand que celui d’aujourd’hui ? Les Makilas portés par les bergers de nos montagnes sont notablement plus longs que les makhilas-cannes de la ville.

Ne serait-il pas possible qu’il eût été jadis, en même temps qu’une arme, l’instrument du bouvier pour piquer les bœufs ? Et l’espèce de poignard qu’il porte aujourd’hui dans le manche n’aurait-il pas été jadis un.

Simple aiguillon ? Et, aujourd’hui même, doit-il être considéré surtout comme une arme ? Autant de questions souvent débattues et solutionnées en sens divers. 


Une chose certaine, c’est que, dans la main des vieux Basques de la montagne, en voit assez souvent le pommeau de corne du Makila remplacé par une pièce de monnaie ou quelque chose en métal, ressemblant à une pièce de monnaie, toute plate.

Forme ancienne ou fantaisie ? Peut-être l’un et l’autre à la fois. 


L’industrie du Makila a été et continue à être en faveur au Pays Basque.

Elle a eu et elle possède encore des représentants attitrés dans les principaux centres de la Soule, de la Basse-Navarre et du Labourd : à Mauléon, à Tardets (même à Navarrenx et à Pau), à Saint-Palais, à Hélette, à Saint-Jean-Pied-de-Port, à Larressore (un véritable maître dans son art, Jean Ainciart, dit Quillot), à Espelette, à Saint-Jean-de-Luz et à Bayonne (chez Mialet et chez Lapeyre). On peut dire que ces deux dernières maisons, dont la vente annuelle est de plusieurs milliers de Makila, ont donné à cette fabrication tous les perfectionnements désirables. 


La mode, déterminée par une intelligente et abondante réclame, devait s’en mêler. Les Anglais ont adopté le Makila, de prime abord. Pendant la guerre, les soldats canadiens en commandèrent par milliers, à telle enseigne qu’une maison d’équipements militaires de Montréal fit à une fabrique de Bayonne une grosse commande, que cette dernière ne put satisfaire ; à la demande de nos poilus, des quantités de Makilas ont pris le chemin des tranchées ; des Makilas d’honneur furent offerts à des généraux du front, tout comme, dans nos joûtes littéraires, à nos meilleurs poètes. Enfin, depuis quelques années le high-life porte volontiers le Makila, jusque sur les rues de nos cités.

Un souvenir personnel. Le 24 avril 1912, j’accompagnais Mgr Gieure au Vatican, comme secrétaire. Présenté au Pape Pie X par l’évêque de Bayonne, j’offris au Saint-Père, avec le premier volume des Recherches sur la Ville et sur l’église de Bayonne, un Makila d’honneur, à pomme d’argent, au chiffre pontifical. Pie X, avec un large sourire, s’écria : “Baculum Senectutis”, mon bâton de vieillesse. Puis, je dévisse l’aiguillon. “Oh ! oh !” reprend Sa Sainteté d’une voix plus forte, les bras étendus et en riant de bon cœur. L’aiguillon rentre dans son fourreau, et Pie X agrée aimablement le Makila en disant : “Je m’en servirai”. 


On ignore généralement qu’il existe en Espagne une Vierge au Makila : c’est “La Virgen de la Fuensanta”. Sous ce vocable, la sainte Vierge est représentée debout, Jésus sur son bras gauche et à sa main droite un Makila, symbole sans doute de sa toute-puissance. L’Espagne possède même plusieurs sanctuaires de la “Virgen de la Fuensanta”, dont plus célèbre est celui de Cordoue. 

Chaussé de sandales blanches, serré de rouge à la ceinture, un béret bleu sur la tête, l’air dégagé, taille droite et souple, démarche aisée et légère, regard vif et assuré, le Basque marche fièrement, son Makila à la main.”

Tiré de :  paysbasqueavant.blogpost.com

L’authentique makila basque

Le Makila est le bâton traditionnel basque, bâton de marche du montagnard, canne élégante.

Il symbolise l’âme du basque, une manière de vivre, de penser et, aujourd’hui, d’honorer quelqu’un en lui offrant. Pratique, équilibré, magnifique objet de décoration aussi, signe distinctif, rassurant compagnon de marche au même titre que le katana pour le samouraï, c’est un élément essentiel de la sensibilité basque. Il est partout, traditionnellement derrière chaque porte de chambre dans toutes les maisons basques. J’en ai même vu accrochés derrière les portes de bergeries ou d’abris de montagne ouverts à tous vents et quasi abandonnés plusieurs mois par an.

Le makila est mentionné par le moine Aymeri Picaud dans son ouvrage Liber Peregrinationis en 1134.

Le Makila est un bâton de néflier scarifié ou de châtaignier sur pied cachant une longue pointe (usage en bâton de berger mais pas seulement) en acier forgé dans sa poignée qui se dévisse et dont l’autre extrémité est lourdement plombée. Ajouté à la souplesse et la résistance du bois de néflier, c’est un véritable “casse-tête”. En périodes troublées où il était nécessaire d’être toujours sur la défensive, le basque se déplaçait avec le parapluie accroché dans le dos au col de sa veste pour avoir les mains libres, prêt à se battre, et le Makila à la main ou caché dans la jambe du pantalon. Peut-être est-il né de la demande de pèlerins vers Saint-Jacques-de-Compostelle d’avoir un bâton de marche bien équilibré, robuste, et qui servirait simultanément à les protéger des malandrins et bandits de grands chemins

Commence enfin la phase d’assemblage des diverses pièces constituant le Makila avec une recherche d’équilibre en main du bâton et d’harmonie, d’élégance de l’objet. Chaque Makila se voit confectionner des pièces sur mesure, entre autres en fonction de son diamètre, et il n’y a pas deux Makilas identiques. Chaque Makila est fait sur mesure pour la personne à qui on l’offre et il est donc nécessaire de connaître le poids et la taille de cette personne.

La longueur du Makila sera de la longueur du bras de celui qui le manipule (mais aujourd’hui une tendance à la normalisation autour de 90 cm de long se dessine). La longue pointe en acier forgé est sertie à l’extrémité la plus fine par un manchon ou une douille en laiton ajusté à chaud. La pointe est dotée à sa base d’un filetage sur lequel se visse la poignée. Gainée de cuir tressé, elle assure une excellente préhension même avec des mains moites ou mouillées ou boueuses ou sanguinolentes. Elle se termine par un pommeau en corne (de buffle d’Afrique).

Certains Makilas offerts à des personnalités (le Pape, de Présidents de Républiques, etc…) reçoivent un pommeau d’argent ou d’or ou de cristal… La poignée peut être en métal ouvragé, les gravures n’étant pas seulement décoratives mais participant à la préhension. Enfin une dragonne assure le Makila au poignet.